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09.11.2005
Les Echelles du Mariage ou Lettre aux célibataires de ce monde
Pavé du bus n°114, à l’heure où les esclaves modernes se bousculent pour aller au bureau. Ma Fiat est en panne depuis trois semaines. Il fait exceptionnellement froid cet hivers. Au milieu de cette foule silencieuse, agonisante, je reconnais un homme de charisme, BMW renouvelée chaque nouveau modèle, déposant ces enfants porte D du lycée Lyautey, depuis une luxueuse maison située vers les collines… près de sheet place. Je me demande ce que fait ce Seigneur parmi nous-autres, restes classés dans ce pays inclassable. Je m’approche, l’observe un instant. C’était bien lui, modestement, mais élégamment habillé. Il portait une cravate à damier, de couleurs blanche et noire, un détail qui ne nous échappe jamais. Il me vient à l’idée de faire l’impasse sur mon travail… cet homme m’interpelle. Je me décide à le suivre, d’abord discrètement, avant de l’accoster.
« Monsieur, vous avez du feu s’il vous plait ? Mais on se connaît ? » Avant de me répondre : « …mmm…Tu es le premier amour de ma fille aînée… ». Stupéfait par sa directe attitude, je réplique, l’air inquiet :« Comment va t’elle ? Mais enfin, que s’est il passé ? ». Le bus nous dépose en ville et marchons un instant. L’homme paraît pressé. Après quelques virages et une longue ligne droite, nous entrons dans un Bar… il est exactement 8h38. Une fois installés, il commande un Whisky, double, et un café. A sa troisième tournée, son visage change. Le ton monte, son regard s’illumine, ses yeux rougissent, ses vers le déshabillent. Il devient un immense orateur et démontre un sens inné de dérision et d’analyse… Un Roi sarcastique. Un homme avec qui on aime se bourrer la gueule jusqu’à en mourir. «Mais enfin, racontez moi, que vous est- il arrivés ? » lui ai-je une fois de plus demandé. Et à lui de monologuer :
« Il s’est passé que j’ai cinq enfants, en bas, moyen et grand age qui pourrissent mon quotidien. Une femme devenue ma mère avec le temps. Ma maîtresse me harcèle constamment à cause des dix mois de loyer impayés du duplexe haut standing qu’il a fallu lui louer. D’ailleurs, depuis un moment déjà, cette demeure est devenue un bordel publique hyper reconnu par les plus grands amateurs de sexe à plusieurs. Mes biens sont hypothéqués à cause d’un dépôt de bilan vieux de cinq ans. Je fais une dépression nerveuse infernale et entretiens avec le plus grand plaisir du monde une alcoolémie digne des plus célèbres ivrognes d’après guerre . Suite à quoi, je ne supporte plus les gens bien heureux, les gens biens dans leur peau, les gens riches et beaux. Pour tout te dire, même les vieux, pauvres, cons et moches me font vomir. D’ailleurs, chaque matin en allant au bureau, pardon, au bar je veux dire, je gerbe un bon coup en croisant ma face, devant la glace. C’est même devenu un rituel. Je n’aime plus rien ni personne, à l’exception de ma tendre jeunesse enfouie dans une mémoire biodégradable. Un jour, il a fallu d’un fatal moment de déconcentration où elle m’a dit oui, pour la vie. Je ne les ai plus revu depuis, et ça me manque, le célibat et l’insouciance d’en temps.
Le mariage mon garçon, quelle naïveté… Peut être oui c’est vrai que 5 à 6 % des gens qui se marient ne peuvent dire que du bien de cette institution vielle de plus cinq mille ans. Pour ma part, je la maudis cette expérience. C’est un manque à être heureux. Un artifice qui réduit le nombre de chérie à une puis à zéro. Aujourd’hui, j’ai envie de coller un procès au cul à chaque petit malheureux qui me parle d’amour et de mariage. J’ai envie de cogner leur tête sans compter sur quelque chose de très très dur, qui fait très très mal, d’accrocher leurs pieds à une laisse en fer, de les ligoter à l’arrière d’une voiture, et de leur faire le tour de la ville en inscrivant en gros et gras sur le part brise que ces hommes sont des illuminés analphabètes de la vie, qu’ils sont prêt à se marier, à ligoter leurs âmes à de futures pestasses males baisées. Pffffffffff ! Ô Mon Dieu, faite moi prophète… Je soignerais les humains un à un de ce fanatisme de l’amour, responsable de plus de dégât encore que le Tsunami. Ce n’est pas dans les profondeurs de l’océan qu’il faudrait un séisme, mais dans les cerveaux cancéreux de ces malades du cœur pour noircir leurs idées blanches de mariage. Je deviendrais s’il le faut un vampire de l’amour et c’est avec délectation que je m’en irais croquer la nuque à toute personne de plus de dix-huit ans qui prononce en ma présence le naïf mot Mariage. Grrr.. ça y est, je mords !
D’accord petite âmes sensible, soyons objectifs. C’est vrai, l’amour existe. Oui, on peut tomber amoureux du jour au lendemain sans préavis aucun. En effet, c’est une délicieuse ambition que de se marier avec l’être aimer, bâtir une vie à deux, procréer la joie et semer l’amour jusqu’à perte de vue. Mais cette image idéaliste du couple n’est plus d’actualité… Elle morte car obsolète. L’amour, en ce vingt et unième siècle est devenu putrescible. Faut se sortir des DVD de Cendrillon et de l’autre connasse au bois dormant. Qu’elle se réveille cette Hmara ! Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants… C’est des légendes. Les jeunes d’aujourd’hui se découvrent des tendances suicidaires après quelques courtes années de mariage. Ils travaillent de plus en plus tard, voyagent pour le compte de business-lie vingt deux jours par mois et se disent je t’aime uniquement par téléphone ! Croyez en ma propre expérience mon garçon, se ligoter avec le mariage est un crime, une damnation à perpétuité… C’est un scandale ! Par exemple, et pour ne citer que se point sardanapalesque néanmoins centrale, en supposant que demain, tu te maris ; et bien le jour Môssieur ou ta femme te considéra comme acquis, qu’elle se rendra compte une fois le voile de l’amour ôté de ses yeux chatoyants qu’elle plaît toujours ; une fois qu’elle succombera au charme du premier passant, des collègues de bureau, des camarades de sport où de l’épicier, aussi berbère qu’il soit… C’est le début d’un long dimanche de problèmes ! Non mon petit, ça n’arrive pas qu’aux autres ! Elle ira même te reprocher que ces temps-ci, elle est une pauvre jeune femme mal aimée, qu’elle ne jouie plus, qu’elle simule et que pour ça elle te hait, Connard ! Alors qu’en fait pas du tout. C’est elle qui se rend dans cet état ! C’est qu’elle ne veut plus de toi mon Coco. Dorénavant, cette chienne veut se faire explorer le minou par le grand publique… Elle se découvre de nouvelles tendances, de nouveaux fantasmes et se veut libre et libérée des contraintes masochistes du mariage. Le pire, ou le meilleure selon le point de vue dans lequel on se pose, c’est qu’elle n’a pas tord pour une couille. Faut qu’elle se fasse plaisir la cochonne, qu’elle profite de sa jeunesse restante, de sa flexibilité, de son charme nouvellement reconquis. Son seul tord, c’est de s’être liée pour la vie avec un homme qu’elle croyait aimer ! Car pour une grande majorité mon garçon, ces ex petites naïves se sont mariées avec l’image du mariage, de la soi-disant vraie vie, celle avec une maison, un personnel compétant qui saura s’occuper d’elle et de ses futurs adorables petits enfants…
Mais comme toute bonne chose illusoire, tout se tasse, se lasse et ça se casse la gueule. Je ne parle même pas de la gente masculine, cette race de tarée mentale ! Pour la majorité, les tromperies commencent avant même le mariage. D’ailleurs pour ma part, j’ai d’abord choisi ma brochette de maîtresses.... Ensuite j’ai nommé ma future femme, jeune, belle, bronzée, timide, intelligente… C’est vrai mon garçon, elles le sont toutes, intelligentes ! C’est nous les ’’hmirs’’ qui, le genoux par terre prononçons la phrase qui nous tue à petit feu, d’un délice de souffrance et avalée en mode silence, car fier malgré tout. Il a fallu l’aborder au bord de cette piscine du haut de mon humble maturité . Je lui ai alors titillé le clitoris cervicale avec des mots tendres, d’une voix grave et réglée. « Bonjour, demoiselle. Quel bel hôtel n’es-ce pas ? Un point clairement commun avec votre déstabilisante beauté. Alors dites moi, vous êtes originaires de Fès ? Ah c’est bien ça… quelle coïncidence ! Exactement comme mes ancêtres et moi même. Je suis.. comment dirais-je, enchanté, charmé, troublé… Je dirais même presque amoureux ?! Justement, en ce moment, je me sens harcelé par ma mère… Elle me veut des petits enfants. Mais j’insiste pour tomber amoureux avant de passer chez Cartier. Puis-je vous inviter à dîner ? …» Cette jeune demoiselle, vierge et majeure à la fois – faut se situer dans l’époque et son contexte où les femmes se mariaient dotée d’une fleure toute rose et appétissante - tombe alors amoureuse de tout ce qu’elle écouta durant ce dîner. Quelques temps plus tard je lui dis : « Veux tu m’épouser ? ». Elle me répond oui et deviens ma femme. Pour moi c’était le seul moyen de calmer mon adorable mère et pour ma nouvelle femme l’unique biais pour fuir de son domaine familiale.
C’est vrai mon garçon, rendons à César ce qui appartient à Cléopâtre : nous étions vraiment amoureux tous les deux. Une des plus belles page de notre vie. Oui, je l’avoue, nous avons eu nos années de bonheur, quatre ou cinq comme le meilleure cru marocain. Nous avons profité de l’amour total et alchimique, de l’ivresse des premiers bébés, des premiers « papa, maman ». Lorsque les gens nous questionnaient sur notre nouvelle vie, je répondais : « C’est un plaisir inimaginable ! Mes enfants sont adorables, merveilleux. Ma femme est une vrai déesse. Je me sens comblé… Je n’ai jamais été aussi heureux de toute ma vie… ». Et puis ça a commencé à se dégrader. Trente et quelques années plus tard, je ne me suis jamais sentis aussi malheureux de toute notre vie.
Quoi mes enfants ? lesquelles ? Le drogué - pd – Chômeur- Dealers ? Son frère, le déglingué, saboteur de l’affaire familiale vielle deux trois générations ? Ton adorée petite pétasse qui ne dors plus à la maison depuis des lustres ? Qui appelle uniquement quand elle a besoin d’une voiture, d’argent ou de je ne sais quoi d’autre ? A moins que vous me questionnez au sujet de l’autre petite pute mineure, alias sa sœur, adolescente et mauvaise élève… Elle dort tous les soir avec un camarade de classe différent ! Dans SA chambre ! Je les croise chaque matin qu’ils prennent le p’tit déj… Dans MON salon, devant MA télé, servis par MES bonnes - que je nique de temps à autres évidemment - et cautionné par MA femme ! Je la cite : « tu ne comprends rien à la jeunesse d’aujourd’hui toi de toutes manières » qu’elle me dit cette hmara…!!!!!!!! KKKhhhhhhhhhh… Tfouuuuu r’la kemart Dinmkoum koulkoum ! Le dernier né a sept ans à peine. Mais il n’aura pas le plaisir de me voir un jour le maudire. D’ici là, moi, je me serrais barré quelque part dans un île déserte ou je me marierais avec la paix, le célibat et la tranquillité. C’est le seul projet de mariage bénit par mon expérience et par mon acquise lucidité… »
Quand son téléphone sonne. Il parle un moment avant de demander l’addition. Il la paye, ne laisse aucun pourboire, et finit par me dire : « A un de ces jours mon garçon. Prend en de la graine ! Laisse moi te donner un dernier petit conseil tu veux ? Lorsque tu rencontres un fille pour éviter les emmerdes, tu sais ce qu’il faut faire ? Et bien tu la Baises… bieeeeeeeeeen comme il faut... et tu la jettes ! Surtout, tu la jettes ! Sinon mon petit, tu finiras écroulé un matin accoudé à un bar, noyé dans un verre plein de remord ». Il avale sa dernière gorgée, met son béret sur sa tête chauve de bonheur, et s’en va.
Je fixe un long moment ma tasse vide de café... Et blanc comme une pilule psychotrope, je me retourne vers le serveur et l’implore : « Tavernier je vous prie… Un Whisky…et double s’il vous plait ! »
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19:00 Publié dans Les lettres du Foulozzof | Lien permanent | Envoyer cette note

