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04.10.2005

Galaxation - Part 2

 
Echktet décide de se la jouer cool. Il retourne à sa collocation. Zi-zig allume un joint et Ben Yacine, accroupie avec son « Tsabih »se récite ses prières d’après prière.
 

Echktet serrant la main à Zed Sans rancune aucune, vieux frère.

 
Ils se serrent la main, comme des grands, et pour ne pas déplaire, Zi-zig incline son œil gauche, comme pour dire que c’est pas grave.
 

Zi-zig – Tu sais moi, je n’aime pas les conflits. Toi, t’en est le roi. Avec toi même, t’es en perpétuelle conflit. C’est normale qu’après tu te conflies avec tout ce qui bouge.

Echktet – Pardon ? Ne recommence pas à  m’énerver Zi-zig. Fumes tes joints et évites de me titiller, ne serais-ce que pour la paix des ménages.

Zi-zig – La paix des ménages… les grandes phrases de gens civilisés. Respect monsieur l’Echktet, respect.

Echktet – Pffff… Je vais te dire un truc une bonne fois pour toute Zi-zig : j’ai des bouffer de chaleur dès que tu dis quelque chose de poétique. Et comme tout ce que tu dis tient d’une fantaisie de drogué à deux balles, ne dit plus rien, je t‘en prie, au moins pour la soirée !

Ben Yacine – A sallamou Rala ykoum

Echktetbouffée de chaleur… à Zig-Zig : On vient de se quitter depuis cinq minutes, on s’est même pas dit au revoir, et cet islamiste, pour ne pas donner d’autres qualificatifs, doit absolument dire quelque chose. Et comme il n’a rien a dire, il re-dit bonjour de manière religieuse pour la septième fois, et en profite pour refaire louange à dieu qu’il vient de quitter il n’y a même pas 3 secondes. C’est à devenir dingue !

Zi-zig à Ben Yacine, mais à haute voix :  Tu sais, cet horreur d’humain qui vit avec nous ne veut plus qu’on parle. Je lui donne des bouffets de chaleur moi quand je parle !

Ben Yacine – Y a latif, y a latif…

Zi-zig - Et toi, t’es trop religieux, ce qui doit d’ailleurs lui donner aussi des bouffées de chaleur !

Ben Yacine – Pour ton information, j’ai pris une décision en faisant ma prière : Je ne répondrais plus à cet homme. Il n’existe plus. Je ne le vois plus et ne l’entends plus ! Comme ça, c’est réglé une bonne fois pour toutes.

Echktet – Eh bien, on va voir si tu ne me vois plus !

Echktet déboutonne sa chemise, retire ses chaussures, son  pantalon, ses chaussettes et son slip.

Echktet Et là, tu me vois là ? Il défile, nue, devant ses camarades. Et comme tu remarques, moi aussi, j’ai pris une décision : Tu n’existes plus, je ne te vois plus et ne t’entends plus… On a les mêmes pouvoirs finalement.

 
Zi-zig attrape un fou rire.
Après quelques tours de piste, Echktet s’assied enfin, nue, face à Ben Yacine, qui lui, regarde et parle à ses mains dirigées vers Allah.

Zi-zig, en imperturbable zénificateur, sort un papier à rouler de son stock et le lève vers le ciel.

Zi-zig – Drapeau blanc les amis. Aller, on fait la paix. On vit ensemble, on est obligé de se supporter. Il va falloir faire des efforts les enfants. Echktet, rhabille toi, sert la main à Ben Yacine, et dis lui comme tu m’as dit tout à l’heure : « sans rancune aucune, vieux frère » … Et Ben Yacine, reviens sur ta promesse et continuons à nous chamailler, sagement.

Echktet – J’accepte de faire des efforts tant que tout le monde y met du sien.

Zi-zig se retourne vers Ben Yacine, et, avec tout l’art du regard, attends qu’il accepte le Deal. Ben Yacine incline la tête vers le bas pour dire que oui, il accepte et puis se lève.
 

Zi-zig –  Mais où tu vas Ben Yacine ?

Ben Yacine – Le temps que cet individu ai la décence de se rhabiller, je vais faire une prière pour informer Dieu officiellement de mon retour sur décision, et ce, pour la paix des ménages…

Echktet à Zi-zig– C’est un malade ce mec, il est dingue !

Un temps de silence…

Zi-zig (à voix basse) – Mais qu’es ce que vous avez avec la paix des ménages aujourd’hui ?

Echktet – T’as pas des réflexions de benêt moins évidente que ça Al klaoui ! La paix Zi-zig, qu’elle soit des ménages, qu’elle emménage ou qu’elle déménage, on s’en fout bordel.

Zi-zig  – On va jamais y arriver. On a dit la paix monsieur de L’Echktet, la paix.

 

Echktet se rhabillant  – S’il te plait Zi-zig… Petit homme, ça va. L’Echktet, sa passe. Mais

monsieur de L’Echktet… Tu trouves pas que tu en fais un peu trop ?

Zi-zig – J’adore quand tu prends ton air de petite victime.... Il hausse le ton. On s’en fout

comment tu t’appelles, comment nous on t’appelle ou comment il faut qu’on t’appel. C’est

des détailles Bordel !

Echktet – Mais c’est qu’il apprend vite le jointé ! A lui même… Il va falloir me méfier de cette espèce d’énergumène.

 
Ben Yacine en fin de prière – Sadaka Allah ou alradim
Un temps passe. Il revient à sa place.
 

Ben Yacine – A sallamou ralykoum

Echktet – Pff…

Zi-zig – Shuut ! on a dit la paix !

 
Echktet sert la main a Ben Yacine…

Echktet – Sans rancune aucune, vieux frère…

Zi-zig – Ca c’est la classe

 
TROISIEME GALAXIE
Paix à la guerre
 
Ils sont là, tout les trois las. Rien de beau se passe. Les silences défilent les uns après les autres, quand soudain…
 

Echktet – Et ben ! Elle est belle la paix. Je comprends pourquoi les humains sont si portés sur les guerres. Si la paix avait envahie notre univers, ou en serait le monde aujourd’hui ?

Zi-zig – Tu vas pas recommencer avec tes visions de visionnaires de grandes taille De l’Echktet ?

Echktet – Tu as des trucs intéressant à dire toi, à part réfuter mes visions de visionnaire de grande taille !

Zi-zig – Je n’ai rien à dire. D’ailleurs, je vais faire un joint pour faire quelque chose sans avoir à utiliser mes deux cordes vocales, ma bouche et mon cerveau en même temps. Comme ça, j’emmerde personne avec mes salades grandes tailles sauce au visionnaire.

Echktet – Tes salades quoi ? bouffés de chaleur.  Vas-y vas-y, roule un joint. Roules en même deux, quatre si tu veux. Fumes les en même temps si ça te fait kiffer. Mais surtout, zappe le monde réelle, réfugies tes petits neurones dans ta petite cervelle et restes-y. Comme ça on aura la paix.

Zi-zig – Non petit homme. Je roulerais et fumerais un seul joint. Comme ça, je resterais assez concentré pour écouter tes visions…

Ben Yacine et ZZ en même temps – … de visionnaire de grandes tailles.

Echktet – Mais il a de l’humour l’islamiste !? Vous avez le droit à la dérision vous ?

Ben Yacine – D’abord, je te prierais de respecter ce que je suis petit homme. Ensuite, ce que je pense est personnel et ne regarde que moi. Maintenant, si tu as des commentaires à faire sur les islamistes, je crois être capable de tenir un débat avec toi, pour que dieu puisse t’accepter en sa sainte miséricorde. Je suis prêt !

Echktet sourire ironique – Pour que Dieu puisse m’accepter en sa sainte miséricorde… Mais es-ce que tu t’entends de l’islamiste. Tu sais, dans miséricorde, il y a misère et il y a corde. La misère, tout le monde connaît. Mais la corde, dans ce contexte, elle servirait plus à se pendre qu’à autre chose. Et ce que tu crois que je désire que Dieu m’accepte en sa sainte miséricorde Ben Yacine?

Ben Yacine – Ya lattif, ya lattif ! Il se lève, choqué de la tête au pied, et avec toute son énergie, Ben Yacine tend son bras  vers Echktet et crie : Sorts de ce corps Satan, sorts de ce corps !

Zi-zig – Ca y est, il recommence !

Ben Yacine – Sorts de ce corps Satan, sorts, sorts de ce corps …

Echktet – (à Zi-zig) Satan est en moi et je ne l’aurais pas remarqué ? Dieu aurait planté Satan dans mon âme, à mon insu, sans qu’il s’inquiète à mon égards, sans qu’il ne me demande si je suis d’accord ou pas ? Et toi en plus, tu as le don de voir si Satan se cache dans le corps des gens ? Impressionnant ! Et à quoi il ressemble physiquement Satan ? Il est rouge, comme dans les dessins animés ?

Ben Yacine – Aroud li Allah mina chitan a rajim yal baliid, aroud li Allah ! Il détend son bras, et s’assieds en mode prière.
 

Zi-zig – Vous êtes de vrais idiots. Impossible d’être cool cinq minutes !

Ben Yacine - Mon Dieu, nourrissez mon âme de patience, je vous l’implore seigneur.

Zi-zig – Stop ! bouffées de chaleur… Maintenant, c’est moi qui est des bouffées de chaleur. Bientôt on pourra créer une association des victimes des bouffées de chaleur ! Ca peut plus durer ! Il va falloir qu’on trouve sérieusement un moyen qui permettra la paix dans ce grenier à bêtise. On est pire que des rats de laboratoire !

Echktet – Pffff…

Ben Yacine – La houla oua la kouati illa billaha al rali al radim…

Zi-zig – Ouais, et moi donc…

 
L’ambiance se tasse. La pièce est après quelques minutes tout à fait silencieuse. Les seuls décibels qui circulent dans cet atmosphère émanent des bruits de ’’ tafs‘’ que fait Zi-zig avec son joint et des prières quasi silencieuses de Ben Yacine. Echktet sort de la pièce et allume une cigarette.

Echktet à lui même – Comment il retourne la situation en sa faveur le drogué ! Comment je suis énervé ! Comment je les haies ! Comment j’ai honte de ma gueule, de me faire dominer par une larve mi-morte mi-vivante, c’est horrible ! Petit silence

Le comment du pourquoi de demain… ils s’en foutent eux ! Autre petit silence…

Zig-zig, c’est vrai qu’il ne me sert à rien. Mais l’islamiste, il doit pouvoir m ‘être utile avec ses théories spirituelles. Demain, les humains seront éparpillés dans plusieurs galaxies, plusieurs petites planètes plus vastes et plus belles les unes que les autres, et nous, on est là, à se chamailler, à s’entre-bouffer, au lieu d’essayer de comprendre de quelle manière la descendance de cette planète va explorer l’univers et d’organiser en mode précepte une logistique de déménagements avant-gardiste !

Et le bon Dieu… Il est au centre de cette remise en question planétaire ! Il écrase sa cigarette.

Bon, j’y vais, je vais tout faire pour qu’on arrête la chamaille, pour qu’on puisse débattre comme des gens civilisés, digne d’une descendance extra terrestre.

 
Le narrateur : Mais qui sont ces gens ? D’ou viennent-ils ? Ou sont-ils ? Ou vont-ils ? Comment se fait-il que ces trois individus vivent dans une même pièce, à se fendre les uns les autres, à s’entretuer, alors qu’aucun atome crochue les unis ?
 
Affaire à suivre…
-L-

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18:40 Publié dans Les lettres du Foulozzof | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note