13.09.2005
Galaxation - Part 1
Dans une pièce clause, trois personnes d’origine différente, de personnalité opposée s’échangent mutuellement leurs réactions et leurs visions des choses, à l ‘écoute de l’information du jour :
Voix off, radio Saoua - L’univers est immense, énorme, peut être même infini. Depuis quelques semaines, les Américains ont mis sur orbite un télescope géant pouvant observer l’univers à des années lumières de notre planète. Après plus d’une dizaine d’année d’efforts, d’ingéniosité, de problème technique misérable (passons les commentaires), nous pouvons enfin admirer l’immensité de notre univers.
Zi-zig - Ils font joue-joue avec un jouet nasazien de plus d’un milliard de dollars et pour notre plus grand bonheur !
Echktet - De nouvelles équations naissent pour vivre quelques centaines voire quelques milliers d’années…
Voix off, radio Saoua - Les premières réactions par le colonel Major Brade Baby, en direct de la Nasa : « Les états unis d’amérique ont l’insigne honneur de présenter au USA et au reste du monde notre dernière information qui fera un peu oublier nos misères d’Irak car enregistrez bien, reste du monde, nous avons aperçu la limite de notre galaxie. Fantastic! Et nous avons trouvez, tenez-vous bien chers américains : Une deuxième galaxie, je répète : une deuxième galaxie. Notre télescope est formel. Malheureusement, nous ne pouvons en savoir plus pour le moment. Aussi, nous avons emménagé un chantier géant qui nous permettra cette fois d’en savoir plus encore sur le contenu de cette deuxième galaxie. Notre télescope actuel nous permettra d’explorer la première dans tous ses recoins. Les Etats unis D’Amérique sont fiers de servire notre mère patrie, La Terre »God Bless America…Un milliard de commentaires à faire sur ce qui vient de s’écouter ! Reviendrons dès que possible…
Echktet éteint la radio, Ben Yacine fait une prière, tandis que Zi-zig allume un joint.
Echktet – Qu’es ce qu’il croyait trouver derrière notre galaxie ? Une porte avec dieu derrière, les bras ouverts !?
Ben Yacine - Stikh fir allah al rali al radim…
Zi-zig – Qui dit nouvelle galaxie, dit moultes systèmes solaires, dit terresss à l’horizon.
Ben Yacine – Le royaume de Dieu est plus vaste et plus infini que nous ne le redoutions ! Dieu est grand, hamdoulilah…
Echktet – Pfffff ! Moi, en écoutant une information pareille, j’ai l’impression que dieu n’est pas ou n’est plus ! J’ai peur et vous savez pourquoi j’ai peur ? J’ai le sentiment que nous ne représentons rien au sein de notre monde ! On est tout petit, minuscule, misérable, microscopique… Rien, le vide, oualou, nada, todo va pas béné !
Ben Yacine – Ne fabules pas petit homme, lèves les yeux et les mains au ciel et remets-toi au Seigneur.
Echktet – Re-pfffffff. Suivie d’un petit silence…On se croit au centre du monde. Or la terre n’est qu’un atome parmi les atomes de l’univers, autrement dit aussi grande que microscopique. La terre et ses humains dans l’univers sont infiniment plus petit qu’un globule rouge dans le corps d’un homme.
Zi-zig - Je veux me noyer dans un aquarium de fumée de cannabis et oublier les télescopes et l’espace. On est des oualouscopiques ! Et si ça se trouve comme tu dis petit homme, dieu n’est pas ou n’est plus avec nous.
Ben Yacine à lui-même – Ya latif, ya latif, ya latif…
Echktet – … Mais moi je veux que dieu existe ! Sinon, la vie n’a pas plus de valeur qu’un tas de merde ! On né, on vit, on meurt, et c’est tout ! Un passé, un présent, mais pas d’avenir. Un Stop énorme en guise de dernier souffle et pour l’éternité ! Et avec ça, on dit que la vie est belle, qu’on a de la chance, que c’est fabuleux… un vrai miracle ! Si c’est ça, je haie la vie de tout mon cœur et même si ça ne sert à rien, je la maudirais jusqu’à ma mort, moi la vie !
Ben Yacine à lui-même – Oua hada barri y mchi li al jahnaam!
Zi-zig – T’a raison petit homme, la vie sans l’éternel derrière est une vraie frustration !
Ben Yacine priant à voix basse mais assez fort pour qu’on l’entende – Mon Dieu, faite que ces deux imbéciles retrouvent la raison et vous implore Miséricordieux, ôtez-leur le voile qui les aveugle pour qu’ils puissent enfin admirer et rendre hommage à votre Immensité infinie, Glorieuse, Généreuse et Magnifique.
Echktet gueulant comme un malade – Arrête Ben Yacine, Arrête ! Mais comment dieu peut-il supporter tes trois cents soixante cinq prières par heure. Fout lui la paix, au bon dieu ! Stop ! Change de disque, participe, anticipe… Mais arrêtes avec le bon dieu !Ben Yacine, choqué, est sur le point de pleurer, de crier, de tout casser.
Il fait une prière à voix basse pour se calmer…
Il se calme et remercie dieu de l’avoir calmé.
Echktet – Bon, c’est pas ça, mais moi je me pose une question : Imaginons que dans cent cinquante ans, on aura répertorié 12 galaxies, avec 52 systèmes solaires et 30 planètes habitables par les humains. Que dans deux cents ans, on aura trouvé le moyen de s’y déplacer et quelques dizaines d’années plus tard, les terriens déménagent ! La vie aura alors une tournure extraordinaire ! Vous imaginez un peu le scénario ou vous avez quelques difficultés à vous projeter mes amis ?
Zi-zig ironisant tjrs – Tu délires là ou quoi ? C’est moi qui fûmes les joints, c’est moi qui devrais faire la science fiction.
Echktet – Ta gueule putain. Laisse réfléchir les visionnaires de grande taille, connard !
Zi-zig – Agressif !
Ben Yacine – Lahoula ouala Kouaty illa bi allah al raly al radim ! Vous n’êtes que deux mécréants qui ne savent pas rendre hommage au Divin de son Immense générosité. Vous brûlerez mes enfants !
Echktet fatigué – Dis-moi Ben Yacine, si dieu à besoin de six jours et d’un jour de repos pour bâtir la terre, cet atome microscopique par rapport à l’immensité de son royaume, combien de temps a t-il mis pour construire l’univers ? Un an, deux ans, diiix ans ?
Zi-zig – Si ça se trouve qu’il existe, il doit toujours être en train de bosser le bon dieu.
Ben Yacine ulcéré – Que les anges rapportent à Allah les conséquences idéologiques du diable qui vous habite, bande de mécréants. Vous n’êtes que des diablotins !
Echktet – Tu sais que tu es insupportable Ben Yacine, que tu me fais chier, que j’en peux plus de tes miséricordes et de tes fabulations spirituelles. Je te haie !Zi-zig – Agressif !
Echktet – Et toi zig-zag là, avec tes joints qui attaquent ta tribu de neurones en voie de disparition. Tu sais que tout ce que tu dis n’a ni tête ni queue. Que si tu continues dans cette voie, tu finiras en loque humaine, à l’image d’une bite molle !
Zi-zig lui coupant la parole, la voix tremblante – Très agressif ! Trop même. T’as pas le droit petit homme. Y’a des limites bordel ! Je t’interdis de venir empiéter sur mon territoire zénifié par un investissement neurotique qui me coûte la peau des fesses de mon père, grande gueule de merde. Je déteste les sales petit cons de ton espèce avec leur mépris à deux balles et qui se sentent obligé de partager parce que ça leurs pèse lourds, sale petit sac à merde !
Ben Yacine – Vous irez sentir la chaleur des ténèbres, ‘jahnaam’, et vous verrez bien… vous n’êtes que de simples mortelles.
Echktet – Ca, c’est toi qui le dit
Ben Yacine – Je vous implore Bon Dieu, dédiabolisez-les.Zi-zig et Echktet, en cœur : TA GUEULE ! nom de Dieu !
Echktet sort prendre l’air et griller une cigarette. Zi-zig se roule un autre joint alors que Ben Yacine, bien sûre, entame sa prière du soir…
Echktet à lui-même - Mon rêve, c’est de déménager. C’est une cellule cette collocation. Ils ne sortent jamais ces malades. Un en train de prier jour et nuit et l’autre, son dieu, c’est le haschich ! .. du matin au soir. Je vis avec une vrai bande d’extrémistes. Petit silence…
C’est dommage… dès qu’on aborde un sujet intéressant c’est l’abordage ! Impossible pour des humains de se détendre et de s’entendre. On se déroute, on se fait une guerre au lieu de se frayer un chemin et de profiter d’une complémentarité certaine pour avancer. Un autre petit silence…Il écrase sa cigarette.
Bon, j’y vais. Je vais continuer à tout faire pour qu’ils se barrent ces connards. Je rêve de partager cette collocation avec deux déesses qui n’ont dieu que pour sea, sexe, and Sun… et pour moi, évidemment !
Le narrateur : C’est la fin d’un acte certes, mais nous ne sommes pas à l’abri d’un deuxième… Affaire à suivre…
-L-
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12:15 Publié dans Les lettres du Foulozzof | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.09.2005
L'enterrement "Mon Coeur"
Belle, mystérieuse, affectueuse, sensuelle, ingénieuse, elle est tout ce qu'il aime. Il y pense à elle, souvent, constamment, cette histoire tourne en boucle, au rythme de sa sédimentation.
De ses pensées, il la caresse, la traverse, inlassablement. Il stresse, car une fois encore, il la perd, c'est imminent, c'est navrant. Et pourtant, depuis la seconde ou de ses yeux, il l'a touché, dans son cœur, elle s'est installée, sceller, à vie.
La distance, responsable d'un dérèglement sentimentales. Et si l'alchimie déménage ? Si, lassés de cet handicap, ils venaient à tout gâcher ? Et pourtant...
Elle lui écrie, lui explique ce qu'elle n'est pas, qu'elle ne veut plus être ce qu'elle perçoit lorsqu'elle est à lui. Elle ne l'aime pas, ne l'a jamais aimé qu'elle lui écrie... Alors lui non plus !
Elle lui était sensible et enchantée, charmée par ce miroir lorsqu'il l'affectionne, la bichonne, quand il s'aime à tout lui vouer.
Une prison d'amour, un anti-passion, ce qu'elle perçoit, qu’elle ne veut plus. Il y voyait de l'eau bénite.
Alors pour la vie, c'est fini. Elle l'impose et lui le jure. Une histoire définitivement accrochée sur un mur saigné à l'eau de rose.
Elle, du dos le salue et lui, du cœur la remercie. L'éducation, l'autorégulation, subtilité des mots, sensibilités des mœurs.
L'amour le tord, elle se donne raison. "A jamais, pour la vie, plus jamais" qu'il se dit. Et pourtant...
19:15 Publié dans Prose à l'âme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Prose à rien dire
C'est Lundi, Septembre peu fameux, le ciel se grise, l'automne s'odorise, l'été se retourne dans sa tombe. Fais chié, même si le Week End fut agréablement arrosé, où la Vodka se dégustait dans des verres en argent, mélangée à ces nouveaux jus "light" quarante balle le littre, nos têtes fussent néanmoins portées par des ondes de lassitudes collectives. Et puis, en ce moment, le coeur emputé par un amour éphémère à rendre obsolète dans les plus brefs délais, le gros des pensées restent à l'avant de cette machine de guerre nourrie d'objectifs obssessionnels liés une ambition tournée vers l'avenir. Mais est-ce bien raisonnable de se progeter vers demain sans rien à aimer ? Triste qu'est la vie tant que le coeur ne jubile pas d'être chaudement apaisé par la femme de ses insomnies.
12:45 Publié dans blog après jours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.09.2005
Au sujet de Tel Quel
Message de soutien suite au procès contre ARB et KB.
Le Maroc Tel qu'il est, n'es-ce pas ? L'histoire n'est pas si extraordiaire, choquante certe mais pas étonnante. Tel quel a à plusieurs reprises salué les limites de la ligne rouge démocratique illustrée par la liberté de la presse, témoignée par les pages franches d'un Tel-quel qui, qoui que l'on puisse penser, nous divertie, nous informe en bousculant toutes les règles élémentaires dictée par un héritage dragstique. On dirait suite à cette fable de la justice marocaine que les années de plombs se transforment en année plaqué or, une monnaie d'échange qui a été très bien analysé par les condamnés, une malice du makhzen où qui l'ouvre, paye. Cautionné ou pas ? Qu'importe. De son côté, elle a peut être été vexée, l'élue. Elle a le droit de porter plainte, l'élue. Mais la justice, quand à elle mérite d'être condamnée pour outrage à la démocratie et au droit à la défense. J'accuse, comme disait Zola à la fin du XIX siècle. On y est presque, voir encore plus loin, à ce XIX siècle.
13:11 Publié dans blog après jours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.09.2005
Introduction
Ca y est, mon blog est créé. Fais chier, je n'aime pas faire comme tout le monde. Enfin, heureusement que tout le monde ne créé pas de Blog. Tu immaginnes 6 milliards de Blogs. Y'aurait des tas de sans abris et au fil des jours, plus personne ne s'y interresserait. Pourquoi ? Depuis quand l'humain s'interresse t'il à l'humain ? L'humain ne fait qu'être depuis fort longtemps. Bref, écrire pour parler ne sert à rien. Aujourd'hui, je teste, la première impro, pour voir l'effet que ça fait. Alors ? Rien, je ne ressens rien. Cela veut-il dire ne pas s'aimer en blogs ? Peu être, mais je ne déséspère pas. Il n'y a q'en amour ou l'on a le droit de desespérer. Bref, comme il y a une tonne de choses à rien faire au bureau, je m'y interresse aujourd'hui, à ce phénomène des blogs. Cultiver l'égaux, l'ojectif est clair. Les lettre du Foulozzof en archive. Y en aura t'il d'autre ? Non, il faut passer à autre chose. Aller, j'arrete, au risque de se retrouver à 15 000 lignes sous l'écran en n'ayant rien dit.
-L-
18:20 Publié dans blog après jours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Vous avez dit intelligent ?
Le Marocain fait partie de la race supérieure, ç’est aujourd’hui certain.
Si si, il est intelligent et par auto-proclamation s’il vous plait !
Quarante millions de Salvador Dali dans ce pays ! Record absolu !
Y’a qu’à aller faire un tour dans les rues casablancaises, discuter de n’importe quoi avec n’importe qui et tentez de leur faire dire qu’ils sont intelligents. Sans exagérer, vous avez 90% de chance d’y arriver. Les 10% restant vous parleront d’intelligence pour ne pas paraître prétentieux. Certains, ou même la quasi-totalité vous diront certes, avec leur dégaine de mal propre, que la vie ne leur a pas sourie, que le mauvais œil les suivait comme la guigne ou qu’une sorcière leur a jeté un sortilège etc. … Ils finiront par vous dire, et même pire, par vous faire dire qu’ils sont sacrément intelligents.
Du peuple faible au maillon fort, de l’élite à l’analphabète, un seul slogan : ana dmagh/je suis une tête.
Dans le jargon maritime, ça donne : Ana Bhar / je suis l’océan … Explication :
Rencontre avec un commis de douane, un jour ou il faut être devant la mer, vers 09h27 (le 27, c’est les minutes de retard…) à la description nécessaire : Mal réveillé, à peine remis de la cuite de la veille, pas remis d’ailleurs des cuites de ces 15 dernières années, Abdel-ché-plus-comment est mal rasé, les yeux à peine ouverts, une dentition d’aliène entretenue par dix cafés du matin à trois paquets de casa sports au soir, visage grisâtre mais fière, avec l’envie bien connue de refléter l’apparence d’un homme serein, sûr de lui . Mais ce n’est que la façade de cette personnalité intelligente auto-proclamée du malin commis, peu bénin. Pour info, le commis de douane est atteint de la maladie maligne du corrupteur corrompu, mythomane, cleptomane, névrosé, alcoolique et ‘dépressivement’ fatigué.
Dès qu’il m’aperçoit, son regard me parle et me dit (retransmis de l’Arabe au français grâce au cite altavista.com : « j’adore had les clients qui ne connaissent rien au métier. Je vais t’enculer monsieur avec une de mes bites, la plus petite en l’occurrence, d’abord pour que tu ne sentes rien et ensuite pour revenir me voir avec la certitude que je t’ai sauvé la vie d’une terrible catastrophe que tu n’aurais pu éviter s’en être venu me voir, moi, le commis des commis, l’immensément intelligent, le plus intègre au sein de l’administration des douanes et impôts indirects » . Une invitation (sur mon compte évidemment) suit son amical bonjour - on aurait dit deux vieux potes inséparables - pour aller discuter autour d’un café, dans un café du port, « hda magasin 11 ». On grimpe donc dans ma Fiat et, arrivés à l’entrée d’al marsa, il me demande dix dhs à donner au gendarme-portier pour franchir ce premier cap. Je sors alors dix balles de ma poche et les lui donne. Le gendarme s’approche, me fixe du regard comme si j’étais un terroriste, échange deux trois mots avec le commis, me re-fixe du regard et fait enfin signe de passer. A peine installé dans ce café, ambiance portuaire, les yeux de notre intelligente vedette me parlent encore et me disent toujours « T’es une bonne graine. La récolte risque de me payer, à moi et mes potes de la douane que nous allons tous les deux corrompre, dix jours de 25 tournées de spissial dans mon bar préféré, chez ma copine Hamama, à deux rues du port». Entre parenthèse, les dix balles précédemment échangés contre une entrée au port pour aller boire un café dans un café et discuter, sont passés directement dans la pochette de la chemisette de abdel-ché-plus-comment. En fait, il a du donner cinq dirhams au mec et garder le reste, car j’en suis sûre, il a bel et bien tendu la main au gardien, et moi, faisant celui qui n’a rien vu, réconfortant son égaux d’homme malin et intelligent qui dupe tout ce qui bouge. Car, en lui faisant la remarque, il m’aurait probablement dit qu’il fallait les donner à l’autre gars, à la sortie du port. Donc, plastique !
Nous avons discuté de cette machine qui doit arriver sous peu à Casa et là, il commence à préparer le terrain qui me verra défait par l’intelligence royale des ce fabuleux commis. Résultat des courses : Je paye en plus de la machine, du transport, des frais de transit, 5000 Dhs de corruption qui ferra que ma machine sortira immédiatement après son arrivée à Casablanca. Sinon, je dois attendre dix jours, payer une panoplie de frais annexes, et risquer la saisie de ma marchandise néanmoins légale. Le commis face à moi dit pendant qu’il distribue des bonjours à toutes les personnes qui croisent notre marocaine réunion : « analyse avec moi mon frère, grâce à moi, tu vas économiser de l’argent, du temps, et donc encore de l’argent. Tu es quelqu’un de racé, d’intelligent, tu sais que c’est la meilleure chose à faire monsieur. Vraiment, tu as de la chance d’être tombé sur quelqu’un comme moi, rah je suis al bhar dans le métier, tout le monde me connaît et connaissent les gens que je connais ». Avec cette voix extrêmement bien rodé, son regard me crie : « tu viens de te faire enculer par ma divine manipulation cérébrale ». L’orgasme du commis exprimé par le diabolique sourire face à moi gicle exactement comme vous êtes en train de l’imaginer. Mais, et elle est là la feinte, j’esquive son tir à la Matrix, lui inflige un merci beaucoup avec soulagement, lui explique que j’ai un mail urgent à passer, paye les cafés et le dépose au terminal conteneurs Tarek où il m’explique en chemin qu’il doit sortir 25 boites d’un coups en 45 minutes. On se donne Rdv pour le lendemain.
11h11mn, Arrivée au bureau. Je me pose devant mon écran, repasse le film dans ma tête et me dit qu’il me faut un conseillé d’urgence. Au programme : déjeuner avec mon ami et frère ‘’Hamid Ould Mimid’’, le plus célèbre des mafieux répertorié à ce jour, récemment rentré d’Amsterdam pour business. Alors que j’eu à peine fini de lui conter mon périple extraordinaire au port de Casablanca, il me fixe comme si j’étais un benêt, et de sa voix attendrissante et grave, il me dit : « Si le mec met 10 dhs qu’il devait donner au gendarme-portier dans sa pochette, les 5000 balles, c’est au douanier qu’il va les donner ? Si le mec connaît vraiment toute la jet de la douane marocaine, il a besoin de donner deux balles au portier pour vous laisser entrer au port ? Cela m’étonnerais fort… » conclut-il, sagement.
Ah ! Ce Oueld Mimid, quelle clairvoyance, quel esprit d’analyse, quel mafieux ! Il me conseille de travailler avec un vrai transitaire, quitte à payer le double d’honoraires, au moins tout se passera bien. J’insiste pour travailler avec mon commis, employé d’un grand-oncle à moi, qui a besoin qu’on l’aide en ces temps difficiles.
Je rencontre rammi M’jid à 15 h 42, la sieste ayant durée plus longtemps que prévue. Et là sur un plateau, il me pause une aberration de grand-oncle. Elle disait : « Alorghs, (accent fassi svp) comment tu trouves le déclarant. Tu sais, c’est un génie dans tout ça… bla… bla… bla… » et là, je fais mine de rien, lui dit oui, termine l’entrevue, l’embrasse, lui dit merci, quitte le bureau et me réfugie dans ma fiat, le cœur qui palpite les mains qui tremblent, les nerfs à vifs.
Retour au bureau, 16h29 affiche l’écran de mon poste ’’ user01 ‘’. Je me parle et me dit : « Génie, il a dit que l’autre égale génie. Donc ça veut dire que mon grand-oncle est génie s’il parle de ça, c’est qu’il vie ça, que ses enfants sont génies, leurs amis aussi, leurs épouses aussi, bref, un monde de génies. Incroyable ! ». Je me sens époustouflé par le volume de génie au mètre cube, quand soudain, la raison me choppe en plein vol et m’affirme : « Nooooooooooooooon ! Molière, est un génie. Goddard, Kubrick, Sartre, Balzac, Dali, Picasso, Shakespeare, Mao, Platon et quelques autres. On en répertorie seulement quelques dizaine par siècle et c’est large comme statistiques. C’est eux les g biens, le reste ne compte pas, ou trop peu… » Soulagement, ressaisissement, questionnement… J’éteins mon poste, métro, dodo.
A ce jour, la machine est toujours au port, depuis presque deux mois. Je me suis fait virer de mon ancien taf, et là, je bosse pour mon grand-oncle qui me dit souvent quelque chose qui fait très peur : «… Tu es quelqu’un qui voit loin, d’intelligent, je sais que tu as un avenir certain… » Depuis, je suis insomniaque.
Maintenant voilà, tous les Marocains, dans leur plus fort intérieur se considèrent intelligents, au moins plus que les autres. C’est dans nos gènes. Alors, pour tout vous dire, j’effectue un travail sur moi-même en me disant tous les matins au p’tit dèj. : « Je ne suis pas intelligent, pas intelligent… », comme ça j’arrive à me démarquer de la masse, ce qui fait de moi certes, quelqu’un de pas intelligent, mais au moins, quelqu'un de différent.
Et c’est ça qui compte !
-L-
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18:07 Publié dans Les lettres du Foulozzof | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

